Article paru in MadMovies 200 - Septembre 2007
Vous connaissez déjà tous la chanson, particulièrement en ces pages d’ailleurs : les remakes et Hollywood font rarement bon ménage. Quant à nous autres joueurs généralement mieux lotis, cette fâcheuse tendance s’affirme au fil des ans, d’autant plus qu’il suffit souvent aux fossoyeurs de remodeler les anciens moteurs 3D afin de les remettre au goût du jour, tout en casant quelques nouveautés de gameplay histoire sans doute de mieux faire passer la pilule. Cependant, le cas de Tomb Raider : Anniversary est un peu particulier puisqu’il s’agit d’un remake fidèle au premier et meilleur épisode de la série. Difficile donc dans ces conditions de foirer le résultat final, à moins de faire appel à une équipe de manchots (on est jamais à l’abri remarquez !). Hormis un successeur digne de son magistral aîné, même si la tendance vers le tout action prônée par les suites marquait déjà le pas sur l’aventure dans le second volet, les séquelles eurent beaucoup de mal à se rapprocher de cette ambiance délétère de claustrophobie qui suait par tous les pores de l’opus fondateur. En effet, celui ci proposait un subtil équilibre entre le jeu de plateformes pur et dur issu de temps ancestraux, et une action non invasive en parfaite corrélation avec la thématique du jeu. Ce parti pris des concepteurs paumait ainsi le joueur dans un dédale de cités et autres tombeaux perdus, peuplés d’une faune locale erratique, pour ne plus le lâcher ensuite. En contre-partie, il fallait accepter de se coltiner une maniabilité rigide d’un autre âge, responsable d’ailleurs du déclin de la série sur la longueur.


Mais 10 ans sont passés depuis, et Tomb Raider : Anniversary exalte les qualités de l’épisode original à travers un traitement graphique flatteur, revoit à la hausse la maniabilité dans la droite lignée de Tomb Raider Legends, intègre dans la panoplie de Lara pléthore de mouvements supplémentaires et se paie le luxe en prime de les assimiler dans un level design retravaillé pour l’occasion. On est donc loin d’une bête transposition à visée uniquement pécuniaire, et si on revit une aventure similaire, on la pratique d’un œil nouveau. Les fans hardcore auront déjà retourné le jeu à l’heure où vous lirez ces lignes, mais les détracteurs de la première heure feraient bien de se laisser tenter par ce Tomb Raider qui voit enfin le mariage de la quintessence de l’exploration 3D - où l’Indy en herbe cherche son chemin dans des niveaux à l’architecture démente - et une prise en main bien plus docile qu’auparavant. Si Lara n’arbore toujours pas de pixels ridés, on espère toutefois que la belle songera à franchir véritablement le pas vers la next-gen lors d’un prochain épisode, pour ne plus bénéficier seulement du ravalement de façade de rigueur…
Bruno Provezza

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